Un bel été prend fin, une aventure sans gravité s’achève … qui n’a été peu ou prou attristé par les résultats publiés en soirée aux européennes du 7 juin 2009 ? Nous avons beaucoup donné mais les électeurs semblent avoir voulu nous dire : il faut que vous donniez davantage pour espérer plus, même si vous avez peu reçu. On reconnaît là le pragmatisme des Français : avant d’adhérer et de se mobiliser, nos concitoyens préfèrent d’abord voir les tenants et les aboutissants d’une proposition politique dont ils ne cernent pas toujours les contours ; ensuite, ils paraissent prêts à s’engager si la cause défendue leur paraît juste. La loyauté nous oblige à reconnaître que les écologistes ont été les plus forts dans un contexte tendu. Même si nous avons ardemment défendu notre projet, les dernières péripéties électorales d’un modem moins aguerri n’ont pas de quoi surprendre et elle peuvent constituer un formidable gage de rebond pour notre mouvement ; peut être plus qu’on ne le croit, nous avons finalement un certain temps devant nous pour nous organiser davantage et gagner en efficacité : qui a osé un jour croire qu’un parti politique aussi jeune que le nôtre pouvait grimper aux plus hauts sommets sans passer par un deuxième test électoral finalement plus délicat ? Le modem doit aussi faire preuve d’une expérience politique propre à sa nouvelle histoire. On sait ainsi que chaque formation a besoin de temps pour faire le point au sein de toutes ses composantes ; les vocables de « courants », « tendances », « groupes » sont l’expression d’une vitalité démocratique certaine et le spectre de l’Opposition au sarkozisme radical est finalement assez large. La vigilance restera toutefois indispensable et il nous faudra rayonner en dehors de la petite blogosphère des internautes proches du modem … il faudra toujours et encore aller au devant du citoyen. Dans ce contexte dont il n’est pas toujours simple de deviner l’audience, les démocrates censés devront donner la prime aux synthèses les plus innovantes et au consensus le plus large, s’il y a lieu de lui donner. Mais pour les prochaines échéances régionales, le modem devra aussi agir en dehors de ses propres frontières politiques ; dans ce monde trop souvent fébrile, toutes les énergies seront en effet nécessaires pour réagir contre ce qui nous oppresse et osons le dire, personne ne rejettera la mue réformatrice du PS que certains dirigeants appellent de leurs voeux. Je le dis en toute bonne foi, l’intervention récente de Marielle de Sarnez aux côtés d’André Peillon fut à bien des égards lumineuse. Elle montre que les Démocrates ne refuseront jamais la politique de la main tendue. Le modem a la jeunesse de son existence devant lui et l’expérience de l’UDF derrière lui, notamment au Sénat. Rappelons ainsi avec force qu’il n’est jamais trop tard pour mettre au point les ajustages nécessaires à notre « maison », à qui il ne manque presque peut être que le toit … Lors de la dernière campagne électorale, le modem a été aux premiers postes pour assumer ses responsabilités européennes et hexagonales et souhaitons que rien ne sera perdu de nos énergies politiques. L’effort de clarification qu’ont donné les dirigeants aux enjeux des débats a fait, je crois, la singularité de notre engagement ; ne perdons pas non plus de vue les bons offices accomplis par nos équipes terrains ; enfin, le militantisme des plus jeunes et des moins jeunes pour tracter a été également l’expression d’une présence physique dynamique.
Alors, faut il regretter qu’il ne se passe quasiment jamais rien au milieu des périodes estivales ? C’est oublier qu’une chronique politique n’a pas forcément besoin d’événements immédiats pour s’alimenter d’elle-même : les Français mesurent pour l’instant les excès d’une finance planétaire trop oppressante pour les classes moyennes ; ils n’oublient pas non plus une réalité politique hexagonale atone avec une UMP dans une situation de monopartisme tellement pesante qu’elle doit presque déranger certains analystes élyséens… L’abus de pouvoir a été consommé et les Français pourront redevenir juges en 2012. Nous n’avons certes peut être pas un boulevard devant nous pour redevenir une force de propositions aussi dynamique qu’en 2007, mais en tout cas, la voie demeure très large pour renouveler en profondeur le discours politique. Il nous appartient de réveiller l’apathie apparente du corps électoral. Le XXI siècle, qui a déclenché des prises de conscience fondamentales sur des domaines aussi divers que l’écologie, la bioéthique et les nouvelles technologies, initie de lui-même ce rebond, qui sera certainement confirmé par les Universités de Rentrée de la Grande Motte début septembre : les citoyens, plus qu’on ne le pense, nous proposent des chaises de travail pour s’asseoir à la table du Politique ; nous n’avons donc pas le droit de refuser cette offre électorale qui transcende tous nos efforts. Nous devons accepter la main tendue par les citoyens.

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